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L’écoute environnementale et le paysage sonore de Tulane

December 12, 2012 1 comment

An English version of this text can be found here

10h00, lundi le 29 octobre 2012, Université Tulane, Nouvelle-Orléans :

J’arrive au campus Uptown de l’Université Tulane pour préparer la marche sonore que je dirigerai plus tard ce jour-là, à 17h00. La marche constitue l’activité d’ouverture de la conférence Ecomusicologies 2012, une événement rassemblant des chercheurs en musique pendant deux jours autour des thèmes de la musique, la nature et la culture. C’est la première fois que j’organise une marche dans une région qui a été affectée par deux catastrophes environnementales, soit l’ouragan Katrina et la fuite de pétrole de la plateforme Deep Horizon. Ces événements seront-ils réfléchis dans l’environnement sonore? Je m’attendais à beaucoup de travaux de constructions, mais les environs du campus sont particulièrement tranquilles. Mis à part le traffic occasionnel et les discussions ponctuelles, je dénote une absence d’activités humaines audibles. Il m’est difficile de dire si cela reflète une forme de quiétude liée au rétablissement de la situation de crise, ou si c’est simplement l’effet de quiétude cloîtrée propre aux campus universitaires. C’est peut-être tout simplement que mon écoute est influencée par mon imagination, par le rappel de ces désastres, plutôt que par l’environnement acoustique lui-même. Alors que je prépare le trajet de la marche sonore, je me demande s’il est possible d’entendre ces histoires de désastre environnemental par l’écoute active. Être un auditeur environnemental, que cela signifie-t-il vraiment?

Notre relation à la planète est en transformation. Nous assistons à la montée d’une conscience écologique et d’un désir de protéger et de conserver le monde naturel. En même temps, nous devons continuer de nous adapter et nous préparer pour faire face aux possibles désastres naturels (par exemple en procédant à l’installation de canaux d’évacuation de eaux, comme c’est le cas à a la Nouvelle-Orléans). Définir un environnement sain est déjà une tâche complexe. De la définition d’environnement sonore (« soundscape ») introduite par R. Murray Schafer jusqu’au modèle de niche décrit par Bernie Krause, nombreuses sont les perspectives quant à la distinction entre un environnement sonore ‘propre’ ou ‘intact’ et un environnement ‘pollué’. Dans tous les cas, on s’intéresse avant tout à l’audibilité des sons, qu’ils soient humains ou non. La préservation des lieux de tranquillité sonore, qui est au cœur de la démarche de Schafer, a depuis été reprise par Gordon Hempton. Si pour Schafer ce sont les catégories de son et leur quantité qui importent dans l’établissement d’un environnement hi-fi, pour Krause c’est plutôt la diversité sonore, soit la présence équilibrée de sons qui n’entrent pas en compétition, qui crée un environnement sonore en santé. Si con tient compte de ces deux approches, doit-on en conclure que la quiétude générale de Tulane et le nombre limités de sons qu’on y entend témoignent d’un lieu sonore perturbé? La marche sonore joue un rôle vital dans la description des environnements sonores, tout en permettant de nouvelles interprétations du concept même de soundscape. Plusieurs chercheurs tels Timothy Ingold, Andra McCartney, Barry Truax et Hildegard Westerkamp ont apporté d’importantes contributions à l’études des environnements sonores en nous proposant d’aller au-delà des définitions normatives qui sont émises par les approches traditionnelles. La marche sonore joue un rôle de plus en plus grand dans cette conversation. Dans la pratique de la marche sonore, le concept de soundscape n’est pas seulement définit par l’écoute, mais aussi par la réflexion et l’échange; non seulement les participants aux marches sonores sont encouragés à écouter leur environnement de façon attentive, mais ils ont aussi l’occasion de lui « répondre » en verbalisant leurs pensées et/ou en modifiant leur mode de vie.

Quelque part entre la Nouvelle-Orléans et Vancouver, à l’écoute de l’enregistrement de la marche :

La marche fut constituée de trois parties, soit une brève introduction suivie par une marche d’environ une heure pour se terminer avec une discussion d’après-marche. Le groupe était constitué d’une vingtaine de participants : musicologues, ethnomusicologues, théoriciens, et artistes et chercheurs de tous niveaux. Nous nous étions donné rendez-vous à 17h00 à la Chapelle Rogers Memorial, du côté nord du campus. Une carte illustrant le parcours se trouve ici. Nous nous sommes dirigés vers la centrale électrique de l’université, accompagnés par une douce brise (voir #86 sur le plan). Après un bref arrêt près d’une fontaine, nous avons emprunté une petite rue bordée d’un côté par la centrale, et de l’autre par un série de studios d’artisanat (soudure, souffleurs de verre, etc.). Voici un extrait sonore. La combinaisons des sons de machinerie lourde provenant de la centrale et des nombreux bruits de ventilation ont résulté en un environnement sonore lo-fi, le plus prononcé de notre marche (c’est aussi le seul endroit ou nous ne pouvions entendre notre propre pas). Ensuite, nous avons traversés deux places gazonnées (soit entre les #55-56 et #38-39 sur le plan). Nous nous sommes arrêtés un moment sur la deuxième place pour écouter le cri d’un corbeau ainsi que le bruit d’un avion qui passait au-dessus de nos tête, résonnant entre les hauts murs des résidences qui entourent la place (extrait sonore). Ces moments impromptus m’ont particulièrement marqué; si nous avions tout simplement continué à marcher, cette interaction particulière entre le corbeau, l’avion et l’espace acoustique nous aurait totalement échappée.

Un des moments forts de cette marche fut lorsque nous sommes entrées à l’intérieur du Centre étudiant Lavin-Bernick (#29). Alors que certains participants ont soulignée l’accablante odeur de nourriture provenant de la cafétéria), d’autres ont été attirés par le bruit de l’eau qui provenait de jeux d’eau faits de tiges de métal à travers desquels un filet d’eau s’écoulait. Quelques instants après être entré à l’intérieur, mon attention s’est portée sur un téléviseur diffusant un reportage sur l’ouragan Sandy, qui s’abattait alors sur le nord-est américain. Voici un extrait sonore. Je me suis rappelé les questions que je m’étais posées auparavant, à propos de l’écoute environnementale. Jusque là, le marqueur sonore d’une possible altération de l’écosystème était la quiétude homogène que j’avais initialement observé à mon arrivée à Tulane. Puis, à ce moment précis, le passé s’invitait dans le présent; on aurait en effet, lors des événements de 2005, vu défiler sur les téléviseurs du campus la même couverture médiatique. C’était comme si on entendait à la fois les événements actuels ainsi que les échos des évènements passés. Nous avons ensuite quitté le Centre étudiant pour nous rediriger vers la Chapelle, en passant par le deuxième étage du département de musique (#68), non sans nous arrêter quelques instants dans un couloir pour écouter les musiciens pratiquer (extrait sonore). La marche s’est terminée dans une salle de répétition.

Durant la discussion d’après-marche, plusieurs thématiques se sont développées tel que le dialogue entre les sons entendus et la dynamique entre les participants, le groupe et les autres usagers sur le campus. Un des participants a exprimé son appréciation des différents types de vent entendus, en commençant par une douce brise entendue dans les feuilles des arbres jusqu’au vent plus présent dans les ruelles. D’autres ont mentionné les bruits changeants des pas sur les diverses surfaces (pelous, gravier, béton, mousse, etc.), l’interaction entre le corbeau, l’avion et l’espace acoustique de la place, ainsi que le contraste entre les jeux d’eau et la cafétéria avoisinante. Un des participants a aussi discuté des similarités entre les sons humains et animaux, donnant pour exemple le rire bruyant et cadencé d’une femme qui fut immédiatement suivi par les jappements d’un chien qui reproduisaient la même cadence. On a aussi abordé la dynamique entre le groupe et l’environnement dans lequel il se déplaçait, un participant ayant remarqué dans le regard des autres passants l’apparente suspicion d’un groupe qui se déplace lentement, en silence. Certains ont même verbalisé leur inconfort, en s’exclamant « Mais ces gens sont donc silencieux? » et en se demandant « Mais qu’est-ce que cette visite guidée? ».

9h00, lundi le 26 novembre 2012, Vancouver :

Environ un mois s’est écoulé depuis la marche sonore de Tulane. Je me rappelle les sons d’eau à l’intérieur et à l’extérieur, la centrale et les studios, le piano dans la salle de répétition, et les voix des autres participant. Ce sons des sons qui témoignent de la présence humaine, et non pas des sons de désolation. J’imagine que si la marche avait été organisée dans un quartier de la Nouvelle-Orléans qui garde des traces physiques du passage de l’ouragan, ou bien des répercussions économiques suite à la fuite de pétrole, cela aurait eu un impact sur la notion d’écoute environnementale. Je me demande ce dont les autres se souviennent, et si leur écoute s’est transformée depuis la marche, qui était une première expérience pour plusieurs.

Une telle marche réunissant des chercheurs en musique se veut une perspective unique sur les différentes approches à l’écoute. Plusieurs ont d’ailleurs utilisé leur bagage musical pour décrire l’environnement acoustique en faisant référence à son timbre, ses harmonies, ses contrastes dynamiques, etc. Plusieurs participants ont employé une terminologie musicale pour décrire leur expérience. Par exemple, une personne a décrit le « contrepoint » entre le chnt du corbeau et son écho; une autre a identifié les changements dynamiques de niveau sonore lors de nos mouvements autour des édifices.

Le fait de marcher en solo et de ne suivre que sa propre écoute, comme je l’ai fait le 29 octobre, résulte en une expérience très différente de celle de la marche en groupe. Chacun contribue à la marche de par ses gestes, son attention dirigée, son rythme personnel, ainsi que son apport à la discussion d’après-marche. J’aimerais terminer en proposant l’idée que l’écoute collective transforme notre relation à l’environnement immédiat d’une manière très différente de l’écoute qui s’établit entre un seul individu et le lieu qui l’entoure. Grâce à l’écoute collective, nous ne nous mettons pas seulement à l’écoute de ce qui nous entoure, mais aussi à l’écoute des expériences de chaque participant(e). Chaque question, chaque réponse et chaque débat créés par cette dynamique nous en apprend autant sur nous-même comme auditeurs et collaborateurs que sur l’environnement acoustique.

Tylear Kinnear est doctorant en musicologie à l’University of British Columbia, Ses recherches portent sur les représentations de la nature dans la musique du 20e et du 21e siècle. Tyler est un membre actif du Ecocritism Study Group of the American Musicological Society, et est coordinateur au Vancouver Soundwalk Collective.

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Soundwalk video – AUDIOPARC event

November 26, 2012 Leave a comment

This is a montage of the soundwalk led by Andra Mccartney around the metro de la Concorde, Laval, on September 30, 2012. This walk was part of the AUDIOPARC event hosted by Galerie Verticale and curated by Magali Babin.

This is a translation of the discussion excerpts heard at the end of the montage:

-What I heard everywhere, what I thought was loud mostly, were aggregates [masses], such as the wind, the sound of friction and of wind itself. Another aggregate was the movement of cars. This is was I mostly heard, even in the neighborhood through which we walked, which was quite desert. The were some empty moments, other quite dull, but they all felt like sonic aggregates, at times pierced by various short sonic events or accidents.

-I had the strange feeling of wearing headphones, it felt very unnatural, the whole experience took a supernatural shape. Sound started to predominate all other senses… strange.

-What surprises me is that this afternoon we are in a fairly dense environment, and we are pretty much on our own, the only ones here. We when close our eyes we almost have the impression of being in the forest, listening to the sound of wind blowing through the trees, and all other sounds are related to transportation, there is no one else walking, so we really look like aliens!

– Mute aliens even!

-I need to close my eyes to hear, if I see, then I look at everyone, I am not listening anymore.

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Les balades de la Concorde, Laval, QC le 29 septembre, 2012

October 22, 2012 Leave a comment

Les balades de la Concorde

Andra McCartney

Laval, QC, le 29 septembre, 2012

The soundwalks at Metro de la Concorde in Laval by myself and Eric Leonardson were part of the Audioparc event, commissioned by Magali Babin for Galerie Verticale. These are some thoughts that I had about the location and process. Soundwalks, balades sonores.

Balade, balader.

J’aimerais proposer, comme traduction au terme « soundwalk », la notion de balade sonore. Au lieu de marche sonore, qui semble un peu militaire, ou bien promenade, qui suppose qu’on s’y montre soi-même au monde, ou bien dérive, comme chez les Situationistes où on est tout perdu, j’aime la notion de se balader, de faire une balade (avec la même racine que la balade musicale). Une balade est aussi une façon de ralentir. Une balade est un peu vague, lente. Pas exactement perdu, mais pas pressé du tout. Lente, attentive, alerte à tous les sons, avec tous les sens, toutes les sensations.

 

La balade sonore est une forme de création et une méthode de recherche qui utilise l’écoute et parfois l’enregistrement des sons d’un lieu exploré à pied. Chaque son peut y être considéré de façon musicale, comme outil mnémonique, ou bien comme source d’information sur l’environnement. Les sons concrets recueillis peuvent servir de point de départ à une conversation liant les dimensions épistémologiques, esthétiques et éthiques des lieux qu’ils remplissent; ces mêmes dimensions se retrouvent inévitablement dans les témoignages souvent détaillés des participants aux marches sonores ainsi qu’aux sessions d’écoute et installations qui en découlent

 

Écouter

Il y a plusieurs façons d’écouter. On peut écouter comme une musicienne, penser aux mélodies, aux harmonies et aux rythmes de l’environnement sonore, on peut créer une pièce musicale avec les sons entendus. On peu écouter sensuellement, comme une poète, en tentant de lier les sens, le toucher du son, les bruits des images, la saveur d’un lieu. On peut penser aux relations politiques entre les sons, lesquels masquent les lesqueles, lesquels sont le plus présent, le plus dominant. Puisque nous allons nous déplacer en groupe, nous pouvons aussi réfléchir à cette dynamique interne. Qu’est-ce qu’on peut entendre du groupe? Est-ce que ce format, ce structure fournit un cadre à notre écoute? On peut connecter l’écoute avec l’histoire, l’histoire spécifique d’un lieu ou l’histoire de sa culture, on peut imaginer son passé, les gens qui fréquentaient cet espace, les sons qui sont maintenant disparus, changés, amplifiés ou éteints.

 

On peut aussi créer des liens imaginaires, des ponts sonores entre différents lieux, des ressemblances sonores qui connectent des espaces séparés, créant ainsi des échos dans l’imagination, un lieu criant à l’autre, produisant dans l’imaginaire un paysage avec les couleurs, les teintes, les gestes sonores d’un idéal entre le lieu présent et l’imagination des autres lieux.

 

Et bien sûr on peut écouter comme un amant, une amante. On peut, comme le suggère la philosophe Luce Irigaray, réserver une certaine sorte d’attention, une certaine sorte d’écoute pour l’environnement sonore, qui ressemble à l’écoute que nous avons pour personne qu’on aime et qu’on voudrait comprendre, tout en sachant que la compréhension totale est impossible.

 

Avec le projet « la marche sonore comme processus d’interaction, »  nous voulons concentrer notre attention sur les participantes et participants des marches sonores, nous voulons parler avec eux pour connaître leurs différentes intentions, leurs réponses spécifiques à l’environnement sonore. 

 

J’ai balader moi-meme autour du métro plusieurs fois et j’ai écrit des idées qui s’agit de l’environnement sonore d’ici, et l’organisation des lieux pour piétons.

 

La route verte

Tout le monde aime la couleur verte. Comme ici, pres du métro, à la Route Verte, une piste cyclable aussi accessible aux piétons. Mais je me demande, qu’est-ce que « vert » signifie dans ce contexte? Un défilé étroit entre deux barrières, entre la voie ferrée et les stationnements privés, des barrières de sept à neuf pieds de hauteur, tout fait d’acier et de plastique. Peut-être que c’est une route verte de par son existence même, une voie qui permet aux cyclistes pour aller vite d’un lieu à un autre. Mais pour les piétons, mis à part un unique accès au coin de la rue, cette route n’a aucune issue, tout est barré, une longue route qui mène à la distance, sans échappement. 

 

La vue des grandes structures électriques me rappelle le lien entres les sons des insectes et ceux de l’électricité. Il y a beaucoup d’insectes qui résonnent ici, pres des structures: des cigales, des grillons, des sons qui me signalent la fin de l’été et le début de l’école. 

 

Je pense aux pistes et à ce qu’elles signifient. Il y a des pistes ornementales autour du métro, des pistes rouges qui se baladent en vagues autour de la place publique. Des pistes inutiles qui tournent en rond ou qui aboutissent à un mur. Est-ce que je vais écouter d’une façon différente selon la piste suivie? Mon écoute sera-t-elle plus ouverte ou plus linéaire? 

 

Ici on a différents modes de transport qui s’intègrent: le train, le métro, les autobus, les automobiles, les piétons, les cyclistes. Lesquels sont les plus importants dans le design du métro? Qui utilise les lieux? Selon mes observations, ce sont les cyclistes qui dominent en matinée, après 9h00. Le trafic automobile est toujours là comme ambiance. Il y a peu de mouvement dans le stationnement pendant la journée. Les piétons marchent d’une entrée a l’autre, mais il n’y a pas beacoup de gens qui fréquentent cette éspace ici, qui est si sympathique.

 

Un collier de perles.

On peut penser a la balade sonore comme une sorte de collier des perles, où chaque moment sonore devient une perle sur la ficelle. Des moment immobiles et silencieux, immobiles et commentés, mobiles et commentés, mobiles et silencieux. Chaque balade peut avoir une ficelle de moments uniques — quelques minutes à se promener silencieusement suivis de quelques minutes de commentaire en groupe immobile, suivi de quelques minutes sans commentaire, etc. Chaque possède une ambiance distincte, qu’il s’agisse des bruits du groupe en mouvement, des sons de l’environnement, des autres sensations, ou de l’effet des commentaires. 

 

Les discussions à la fin d’une balade sonore sont tellement importantes. Je m’intéresse beaucoup aux idées des gens qui participent aux balades, les différentes histoires sonores construites par chaque personne qui se promène avec moi, chaque baladeur et baladeuse. Quand on partage des idées en discussion on apprend beaucoup autour des expériences sonores si uniques et complexes du monde. Et ces discussions-ci deviennent le fondation des trames sonores qui sont montées sur notre site-web de recherche et de vidéos sur notre canal youtube, pour devenir une sorte de souvenir de cet évenement. 

 

Alors, j’ai hâte d’écouter et marcher et de parler avec vous de ça. Merci.

 

Walking Archives: The Soy Children by Eduardo Molinari

I have been reading Walking Archives: The Soy Children, by Argentinean artist and writer Eduardo Molinari. He walks us into the GMO soy fields of Monsanto, covering more than half of cultivated lands in that country. There is an oblique connection to the work of Soundwalking Interactions: the Buenos Aires soundwalk in December 2010 by chance crossed paths with a Monsanto demonstration.

Molinari says: “My archive … took shape based on three sources or types of documents: copies of the AGN’s [national archives] official photographic material, the photographs I take on walks, and lastly what I call junk or garbage documentation: scraps and fragments of print media (magazines, newspapers, graphics in general) and publications (books, posters, postcards, maps, etc.) Those three elements, joined together as a manual collage, have created the Documents of the Walking Archive…. The process behind the relationship between the Walking Archive and the collective processes I take part in has been coloured from the outset by the dynamic of the walker: it’s a relationship that’s always in context, always linked to others, always open to new forms of knowledge and practices. That’s why I refer to the Walking Archive as a project in which walking as an aesthetic practice and collective and interdisciplinary at ion are at the core.” (2012: 2)

Molinari, Eduardo. Walking Archives: The Soy Children. Brooklyn, NY: Autonomedia, 2012.

 

 

Vancouver soundwalking collective

Tyler Kinnear writes about the activities of the Vancouver soundwalking collective, in the WFAE newsletter. http://wfae.proscenia.net/newsletter/pages/11.htm

Malcolm Goldstein on Résonances de la fontaine

“Résonances de La Fontaine is a sounding of Parc La Fontaine. It is a process in which musicians, each following their own path, listen at several designated places in the park, throughout the afternoon, to develop their own vocabulary-gamut of performance materials which are then realized, extended and transformed in the final ensemble improvisation.

Other persons, that have been recording sounds of the environment at these places, participate in the final enactment playing back and improvising with the pre-recorded sounds to create a ground for the performance.

The final improvisation, though derived from the sources of environmental sounds, is something new; a soundscape created by the performers in the interplay moment of making music.”

Malcolm Goldstein, October, 2011, Montreal.

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