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Archive for the ‘Textes en français’ Category

Ambiances sonores dans les petites ruelles de Montréal

October 19, 2012 Leave a comment

Aujourd’hui le vent siffle dans les feuilles d’automne.

Un grande érable tel une cathédrale de hautes feuilles,

chuchotant.

Pins, épicéas, cèdres, cérises, pommes, chênes, peupliers,

tous ensembles font des habitations protégés pour les oiseaux

qui baladent dans les branches.

Pigeons, corneilles, mésanges, hirondelles,

rossignols, grives, bruants donnent vivement leurs voix

au ciel.

Et pour les passants, les plaisirs de

tous petits jardins insérés entre clôtures et rues,

faits avec amour par les résidents dans les espaces partagés

et les dernières fleurs qui perdurent en fin de saison.

Today the leaves whisper in the autumn breezes.

A huge maple makes a cathedral of trembling leaves overhead.

Pines, spruce, cedars, cherries, apples, oaks, poplars

make protected homes for the birds

singing and flying through their branches.

Pigeons, crows, chickadees, swallows,

robins, thrushes, sparrows freely give their voices

to the sky.

And for the passerby, there is the pleasure

of tiny gardens nestled between fence and road,

made with love by residents in shared space,

with flowers persisting to end of season.

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Audioparc

September 25, 2012 Leave a comment

Audioparc

VERTICALE investira les abords de la station de métro de la Concorde pour présenter AUDIOPARC, un projet de commissariat de MAGALI BABIN. Les installations, interventions, performances et présentations des artistes DOUGLAS MOFFAT, ANDRA MC CARTNEY et ERIC LEONARDSON (Chicago), MAX STEIN et JEN REIMER, NATALIYA PETKOVA, PATRICE COULOMBE et KATHY KENNEDY s’échelonneront sur toute l’année de programmation 2012-2013.

Ambiances en Actes / Ambiances in Action

September 17, 2012 Leave a comment

Cette semaine nous participerons à Ambiances en Actes.

http://ambiances2012.sciencesconf.org/

Le second Congrès International sur les Ambiances est placé sous l’égide duRéseau International Ambiances dont il constitue l’une des productions majeures. Organisé tous les quatre ans, il a pour objectif de créer un temps de rassemblement à l’échelle internationale pour les chercheurs et les acteurs (opérationnels et artistes) qui analysent les dimensions ambiantales de l’environnement construit et œuvrent à la fabrique sensible du monde contemporain.

Le domaine des ambiances architecturales et urbaines est traversé par de nombreuses démarches et de multiples apports qui en font sa richesse. Le congrès international sur les ambiances propose d’en être l’expression, se nourrissant de travaux à la recherche de circulations nouvelles entre le conçu et le vécu, le mesuré et le qualifié, le projeté et l’éprouvé, le matériel et l’immatériel.

Organisé du 19 au 22 septembre 2012 au Centre Canadien d’Architecture à Montréal (CCA), le congrès se fera l’expression de l’avancée des connaissances et des nouvelles hypothèses proposées par les différents champs disciplinaires et domaines d’activité qui mobilisent la question des ambiances.

This week we take part in the conference, Ambiances in Action.

http://ambiances2012.sciencesconf.org/

The second International Congress on Ambiances will be held under the aegis of the International Ambiances Network. The congress, organized every four years, is one of the network’s main events, an international gathering for researchers, artists and players engaged in analyzing the ambiance-related dimensions of the built environment and in the sensory construction of the contemporary world.

Many approaches are at work in the field of architectural and urban ambiance, and these multiple contributions nurture its rich diversity. The International Congress on Ambiances aims to give voice to this activity, feeding on work exploring new forms of exchange between what is designed and what is experienced, between the measured and the qualified, the projected and the tested, the material and the immaterial.

The Congress will be held for four days at the Canadian Centre for Architecture (CCA), in Montreal, from 19 to 22 September 2012. It will seek to express advances in learning and new hypotheses proposed by the various disciplines and fields of activity which address the question of ambiances.

Résonances de la Fontaine (May 19, from 5-6 pm)

May 8, 2012 Leave a comment

Résonances de la Fontaine, an environmental sound performance by Malcolm Goldstein for the Soundwalking Interactions Project, is taking place in Parc Lafontaine May 19, 2012, from 5-6 pm  (rain date, May 20).  Goldstein (violinist/composer) will be joined by Philippe Lauzier (saxophones), Rainer Wiens (prepared electric guitar), Andra McCartney (recordist), David Madden (recordist), and Magali Babin (recordist).

Working with a soundscape score created by violinist and composer Goldstein, three musicians and three sound recordists will listen in different parts of the park over the afternoon, following Goldstein’s score based on a map of the park.  A performance at the end of the afternoon will be inspired by the listening experience.

The performance will be outdoors on the terrace of the Espace La Fontaine restaurant, which is just about in the centre of the park overlooking the water. Members of the Soundwalking Interactions Project will be on hand to direct people to the performance space.

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Résonances de la Fontaine est une performance sonore environnementale produite par Malcom Goldstein pour le projet Soundwalking Interactions et qui aura lieu au parc Lafontaine durant le 19 mai 2012.

Goldstein (violoniste/compositeur) performera en compagnie de
Philippe Lauzier (saxophones)
Rainer Wiens (guitare électrique préparée)
Andra McCartney (enregistrement audio)
David Madden (enregistrement audio)
Magali Babin (enregistrement audio)

La performance se tiendra à l’extérieur de la terrasse du restaurant de l’Espace LaFontaine, au centre du parc près du lac. Les membres du projet Soundwalking Interactions seront présents pour diriger les participants.

Soundwalk response by Denis Kra

Soundwalk Report:
« A response to the soundwalk through your own idea of how to do that »

Auteur: Denis Kra

COMS876 / COM7161: Media Technology as Practice

Prof: Andra McCartney

Concordia University

February 28, 2012

L’écoute des sons ou la marche pour l’écoute des sons, communément appelée «Soundwalk», est une activité à laquelle mes frères et moi avions été initiés très tôt dans notre enfance par notre papa. Il nous a appris à écouter les sons qui ont une signification, et ce, dans le but de savoir prédire le présent et le futur proche. Ainsi, pour aller cultiver dans notre plantation, faire une course en ville ou faire un voyage, nous écoutions des sons afin de savoir si notre déplacement débouchera sur du bonheur et de la joie ou si au contraire, on sera exposé à des problèmes ou frappé par un malheur.

J’aime particulièrement écoute les sons tôt à l’aube (le matin dans l’intervalle de temps compris entre la nuit et le lever du soleil). Dans cet intervalle, il se produit des sons qui prédisent le futur proche, notamment au sujet des événements qui se passeront dans le courant de la journée: des sons de bons ou de mauvais augures, des sons évocateurs de bonheur ou de malheur que seuls les initiés peuvent décoder et tirer des enseignements. Par exemple, certains bruits humains, particulièrement les pleurs des bébés, les chants d’oiseaux, les cris d’animaux domestiques ou sauvages, le bruit du vent et la direction du vent, le bruit des insectes, etc.

À bien y penser, je m’aperçois qu’on écoutait tout ce qui était naturel et on n’accordait pas d’importe aux bruits émis par les entités non naturelles. C’est à dire par exemple les bruits des voitures, des moteurs ou les bruits de tout autre objet fabriqué par les humains ne nous intéressaient pas pour l’écoute des sons. Étant donné que l’intérêt de notre écoute des sons est porté sur le sens de ces sons, il nous arrive parfois d’entendre un oiseau chanter un chant de bonheur, ce qui nous fait savoir que la journée sera heureuse ou sans problème. Si nous avons une commission à faire dans cette journée, ce seul chant d’oiseau évoquant le bonheur nous prédit que cette commission sera un succès. Cela nous procure une grande joie pour amorcer la journée, pour aller au champ ou  pour effectuer toute activité que nous avons projetée dans cette journée. Mais parfois c’est le contraire qui arrive, nous entendons les sons qui prédisent le malheur, et ces jours-là nous ajournons ce que nous avions prévu faire, et nous restons à la maison tout en observant la prudence pour ne pas être victimes de malheur.

Ce qui est quelquefois marrant, c’est que, même si nous savons qu’il y aura bonheur ou malheur, ce bonheur ou ce malheur ne se porte pas toujours sur ce que nous croyons. Il se porte parfois sur des situations auxquelles nous n’avons pas du tout pensé. En plus, nous ne pouvons pas savoir de quelle nature sera ce bonheur ou ce malheur, ni d’où il proviendra. C’est une science traditionnelle assez intéressante, mais qui reste encore inexacte.

J’aime particulièrement écouter les sons à des périodes des pointes comme l’aube, le midi, le crépuscule et minuit. C’est des périodes chargées de beaucoup d’informations cosmiques véhiculées par les créatures naturelles de l’univers. Mes lieux préférés pour faire ses écoutes de sons sont:

– Pour l’aube, à la véranda de la maison familiale au village pendant que tout le monde dort encore, à la fenêtre dans une maison silencieuse en ville avec mon regard tourné au dehors et perdu dans le firmament.

-Pour le midi, lorsque je suis en ville, assis par exemple dans une cafétéria, dans une gare, dans un parc, etc., j écoute les bruits naturels tout en faisant abstraction des bruits artificiels. Quelquefois si possible, je m’isole en pleine forêt ou dans le bois où il y a peu de bruits artificiels. Dans ce lieu, on a l’occasion d’écouter le bruit du silence, des oiseaux, des insectes, en somme, le bruit de la manifestation de la terre. Et quelquefois dans ces lieux, en pleine inspiration d’écoute, on peut entendre des voix venues de nulle part, des paroles brèves aussitôt entendues, aussitôt rompues. J’ai été moi-même témoin de beaucoup de choses étranges lors de mes écoutes de sons en pleine forêt pendant les périodes de midi.

– Pour le crépuscule, je préfère être également en pleine forêt. C’est une période de transition où les êtres en éveille durant le jour rentrent pour dormir et les êtres de la nuit se réveillent pour vaquer à leurs activités. Par exemple, il a des insectes, des oiseaux ou des animaux nocturnes qui s’éveillent alors d’autres des mêmes espèces rentrent pour dormir. Dans cette transition, l’écoute devient passionnante, car les bruits qu’on écoute à ce moment sont de véritables messages pour ceux qui savent lire et décoder les bruits et les signes. Les personnes de culture traditionnelle, qui ont une vie typiquement en relation avec la terre ou la campagne, peuvent vous en dire davantage.

– Pour les périodes de minuit je m’exerce à l’écoute du son lorsque je suis au campement. Mais en ville, cela ne m’est possible actuellement que quand je me retrouve tout seul, ou quand par chance tout le monde chez moi dort avant minuit et qu’il n’y a plus de bruits artificiels. Ce qui est très rare à la maison.

Récemment dans le cours COMS876, nous avions fait une marche d’écoute de sons «Soundwalk». Le procédé et motif sont différents de ce que je suis habitué à faire tout seul dans ma campagne. Cette marche a consisté à longer une partie du chemin de fer qui traverse le quartier, à sillonner quelques rues du quartier, puis à retourner sur le campus de l’Université Concordia, tout en rentrant dans quelques bâtisses de l’Université avant de retourner en classe. Chaque participant de la marche a fait le compte-rendu de ce qu’il ou elle a écouté. Moi, j’ai particulièrement entendu le bruit de moteur des voitures, de chauffage, des oiseaux, des humains, ainsi que le bruit du vent et de la neige qui tombait sur mon habit. Cette marche a été audio enregistrée par David Paquette et immortalisée avec les photos prises par Magda. Cette marche m’a paru assez originale et excitante d’autant plus que c’était pour moi la première fois que je faisais du «Soundwalk» en ville en groupe et en compagnie des amis de classe. À la fin de cette randonnée, j’ai pensé à l’utilité et à la signification des sons que nous avons chacun écoutés, mais ce n’était pas l’objet de ce cours.

Le «Soundwalk» pourrait également se faire sans rendez-vous. On pourrait pour ce faire, disposer en permanence sur soi d’un appareil d’enregistrement, et enregistrer les sons partout où on se trouverait: au travail, en chemin sur les routes, dans les centres d’achat, au restaurant, à la maison, etc. L’écoute de ces sons enregistrés peut procurer du plaisir à bien des personnes notamment les voyageurs, les touristes qui ont enregistré ces sons pendant leur séjour à l’étranger ou à une période leur vie, etc. Ces sons peuvent aussi servir de mémoire du temps ou d’une époque et les réécouter plusieurs années plus tard peut réveiller les souvenirs de ces époques. Exemple pour une personne âgée, réécouter les sons qu’elle a enregistrés dans sa jeunesse il y a 40 ans, lui procurera un très grand plaisir, car ces sons constituent pour elle des souvenirs de sa jeunesse et lui font revivre mentalement ces périodes.

Marches sonores hivernales

February 20, 2012 1 comment

The English version of this text can be found here

Les membres de Soundwalking Interactions (Andra McCartney, David Paquette, Dave Madden, Cailtin Loney) ont pris part, durant le mois dernier, à un projet de marches sonores hivernales dans leur quartier respectif (trois à Montréal, une à Morin-Heights). Chacun a effectué trois marches hebdomadaires d’environ 30 minutes, suivies de la rédaction d’un résumé analytique. Nous avons ensuite rédigé de courts sommaires dans lesquels nous explorons les similitudes et différences entre chaque expérience. Les résumés et analyses peuvent être lus dans leur version (anglaise) intégrale dans cet article paru précédemment.

Un aspect fondamental de l’expérience de chacun fut la présence du climat hivernal dans les commentaires hebdomadaires. Si pour Dave les conditions météos influençaient non seulement l’expérience auditive même bien la totalités des modes perceptifs, pour Caitlin la température se faisait surtout entendre à travers la texture changeante du bruit des pas, selon la qualité de la neige ou de la glace au sol. Pour moi, ce sont surtout la cadence et la durée des marches qui témoignaient du temps. Finalement, pour Andra, le climat dictait plutôt l’heure (milieu d’après-midi) et l’orientation (vers l’ouest, pour faire face au soleil) de la marche. L’influence majeure du climat nous a donc menés à proposer une autre série de marches sonores au mois d’avril, pour tenir compte du changement de saison.

Un autre aspect à considérer est l’impact de la configuration spatiale sur le déroulement de la marche elle-même; par exemple, les trois quartiers urbains proposent une plus grande diversité de trajectoires et de lieux hétérogènes, contrairement à la campagne ou les choix de parcours demeuraient (à tout le moins dans mon cas) assez limités et relativement uniformes. Les différences de variété sonore (ainsi que de volume et de quantité) sont facilement identifiables à la lecture des résumés de marche; la question d’attitude (ou d’attention) et son lien à l’espace semble une autre composante importante qui pourrait être approfondie. Dave s’est aussi intéressé à l’intersensorialité inhérente à la pratique de la marche sonore, se questionnant sur les types de collaborations sensorielles qu’elle rend possible et de leur impact sur l’écoute elle-même. Finalement, Andra s’est questionnée sur le rapport entre les trois marches successives, ainsi que l’effet potentiel de résonance crée par le partage hebdomadaire des résumés de marches entre les membres de l’équipe.

L’expérience auditive des espaces sonores – Une installation interactive

May 24, 2011 1 comment

Par Kathy Kennedy

An English version of this text can be found here.

La relation entre le son et l’espace, un thème récurrent que l’on retrouve dans les diverses formes  d’art sonore actuelles, fait l’objet d’une nouvelle investigation à travers une installation sonore créée par Andra McCartney. J’ai récemment pris part à cette création en cours lors d’une session tenue au département de communications de l’université Concordia, en présence de Dr McCartney et ses étudiants à la maîtrise et au doctorat. Cette installation interactive utilise des enregistrements sonores ambiants, activés et manipulés par le mouvement des participants dans un espace physique précis. Les enregistrements provenaient de sources et lieux différents, que ce soit des bruits de trafic, des sons d’ascenseur, des paysages sonores urbains et campagnards ponctués de chants d’oiseaux, de portes qui claquent, de voitures ou de musique. Tous les enregistrements ont cependant été effectués autour du lieu de la performance, soit le campus Loyola ainsi que le quartier qui l’abrite. D’un côté de la pièce, on retrouve une immense surface de projection qui couvre un mur entier, et sur laquelle est projetée une grille constituée de 16 carrés identiques ainsi que les images corporelles des participants se déplaçant dans l’espace de performance. Des changements de couleur y indiquent les variations de vitesse de déplacement. Cette grille est en fait une reproduction d’un espace de même dimension situé au sol, et sur lequel les participants peuvent bouger librement tout en activant les extraits sonores associés à chaque cellule. Ces sons sont alors projetés à partir de quatre hauts-parleurs situés au quatre coin de l’espace d’interactivité.

Dr McCartney et trois de ses étudiants ont chacun fourni quatre extraits sonores de 30 à 60 secondes, correspond aux 16 carrés disponibles. Chacun des participants se voyait attitré un quart de l’espace, ce qui correspond à quatre carrés (et quatre extraits). Les mouvements des participants sont captés par une caméra vidéo situé au-dessus de l’espace de performance. Le signal vidéo est alors décodé par une session Max/MSP/Jitter qui active les sons correspondants aux carrés tout en reproduisant les mouvements visuels à l’écran. En d’autres mots, l’espace d’interaction est transformé en scène de performance, reproduite visuellement sur l’écran de projection. La vitesse et l’intensité des mouvements sont traduites par des changements d’intensité sonore et de couleur, les teintes foncées représentant les mouvement plus lents alors que les teinte claires exprimaient une intensification du mouvement.

Les quatre participants se déplaçaient librement  à travers l’espace tout en explorant les possibilités sonores et visuelles offertes par les combinaisons de mouvements et d’intensité. Le stimulus visuel créé par la projection créait des traces organiques qui renforçait la boucle de rétroaction entre sons et positions physiques. Un geste brusque, un saut ou une oscillation des bras résultaient en une attaque plus rapide ou bien une hausse soudaine du volume sonore, à l’image d’un gigantesque instrument joué par quatre musiciens. Ce modèle de collaboration musicale permet une grande liberté créative, tout en nécessitant une expérimentation et un ajustement continus face au feedback visuel et sonore.

Il est important, comme pour toute oeuvre interactive, de qualifier la nature et le niveau d’interaction créés par l’installation.  L’idée de créer différentes atmosphères sonores en se déplaçant à travers un espace physique est très inspirante; elle correspond à notre expérience concrète, alors que nos déplacements modifient la nature du paysage entendu. Toutefois, cette oeuvre nous transporte dans une univers de nouvelles possibilités, les sons y provenant de toutes les directions (grâce aux quatre hauts-parleurs), et ce sans que les participants en aient le contrôle. Tout au long de la séance, la session Max était ajustée et modifiée par son créateur, Don Sinclair, dans le but de rendre aléatoire (et donc toujours nouvelle) la configuration sonore de l’espace d’interaction. D’autres modalités telles que le déplacement des sources sonores dans chaque quart, on été explorées.

Le facteur le plus déterminant du niveau d’interaction m’apparaît cependant être le choix des divers sources sonores employées. Les enregistrements ambiantaux manquaient parfois de traits distinctifs durant leurs premiers instants; cela nécessitait un certain délai avant de pouvoir reconnaître l’extrait sonore, ce qui se traduisait en des délais additionnels pour en modifier l’intensité. La vitesse de réaction est vite devenue essentielle au maintien d’une certaine interactivité entre les participants. Aussi, on pouvait observer un lien entre la durée des extraits et les types de mouvements et d’interactions qu’ils engendraient. Certains segments comprenant des éléments facilement identifiables ou des traits distinctifs étaient utilisés de façon plus récurrente par les participants.

Un des aspects les plus positifs de cette forme d’interactivité était la fluidité et la liberté de mouvement des participants. À travers leur exploration visuelle et sonore, les participants se transformaient en danseurs dignes d’une performance chorégraphiée. Il m’a aussi semblé que les éléments visuels de l’oeuvre jouaient un rôle important dans l’activité des participants. Alors que ceux-ci réagissaient aux différentes traces visuelles à l’écran, je me plaisais aussi, comme spectatrice. à observer ce processus dynamique, l’ombre de chaque corps apparaissant à l’écran comme une preuve poétique de l’inéluctable présence de l’humain dans tout enregistrement sur le terrain. À travers cette oeuvre, chaque participant est appelé(e) à déclencher des sons de par leur position géographique ainsi que l’intensité de leurs mouvements à travers l’espace. Si cette corrélation n’est pas tout à fait nouvelle dans l’univers des installations interactives, l’utilisation d’enregistrements provenant de lieux à proximité nous projette rapidement dans un monde “situé,” créant ainsi un monde de cause à effet. On se déplace dans un monde clairement défini et délimité (le sol, le quadrillage) dans le but de modifier un monde sonore beaucoup plus flou et amorphe.

Un des aspects les plus plaisants de cette oeuvre était d’y observer l’élévation de la conscience sonore et physique des participants. Si la notion de navigation à travers l’espace physique dans le but de créer et de modifier les sonorités qu’on y retrouve peut sembler de prime abord fantaisiste, elle constitue néanmoins une importante démarche d’exploration qui permet d’aborder, à travers notre expérience et conscience auditive, nos manières d’occuper l’espace physique.