Archive

Archive for the ‘Presentations’ Category

Marches sonores à la Biennale des bewegten Bildes, Francfort-sur-le-Main, Allemagne

January 7, 2014 1 comment

An English version of this entry can be found here

En octobre dernier, Andra McCartney s’est rendue à Francfort à l’occasion du Festival du Film B3, durant lequel elle a organisé des marches sonores, un atelier de composition, ainsi qu’une présentation sur la marche sonore. Dr. McCartney avait été invitée par Sabine Breitsameter, curatrice pour le festival et professeure en culture sonore et médiatique à l’Université Darmstadt des Sciences Appliquées.

Eröffnung Bernhard Kracke

J’ai (Philip Boss, 20 ans, étudiant de Prof. Breitsameter) assisté Dr. McCartney dans la préparation et la tenue des marches sonores et de l’atelier. Nous nous sommes d’abord rencontrés quelques jours avant le festival et j’ai proposé quelques routes potentielles traversant le centre historique de Francfort, où se tenait le Festival.

Le cœur du Festival était situé près du vieux marché « Roemer », entouré par de vieux édifices à colombage comprenant de nombreux recoins et atriums. Ces lieux « isolés » créaient un agréable contraste avec la rue passant et le bord de la rivière, aussi à proximité du site du Festival. Ce lieu formait un tout sonore particulièrement intéressant pour une marche sonore, ce qui me rendait très fébrile à l’approche des marches planifiées avec Dr. McCartney.

La première journée du festival a débuté avec une marche sonore matinale avec un groupe d’enfants d’environ 9 à 10 ans. Andra a d’abord introduit les enfants à la pratique de la marche sonore, puis nous avons dirigé le groupe à travers les rues bruyantes et les berges de la rivière. Les enfants étant particulièrement intrigués par mon enregistreur audio et mes écouteurs, j’en ai profité pour leur faire écouter tour à tour les sons tels que captés par mon microphone. Leurs réactions furent très intéressantes. Un enfant déclara : « je ne savais pas qu’on faisait autant de bruit en marchant! » D’autres étaient surpris du niveau sonore ambiant et du grand nombre de sons urbains captés par le microphone. Ils arrivaient difficilement à concevoir la façon dont notre cerveau filtre les bruits ambiants, ceux-ci devenant audibles seulement lorsqu’amplifiés par l’enregistreur. De retour à la place du festival, Andra a démarré la discussion en demandant aux enfants de nommer les sons qu’ils avaient entendus, et de décrire si ces sons étaient plaisants ou non. La plupart des enfants ont qualifié les bruits des voitures et de la circulation de déplaisants, contrairement aux sons de l’eau, des oiseaux et du vent. Les sons des cloches des églises ont provoqué des réaction multiples. Alors que certains les ont appréciés, d’autres les ont trouvé inintéressants, ennuyants ou même dérangeants. Il fut trèa intéressant de noter comment les enfants ont créé leur propre environnement sonore à leur arrivée dans la salle de conférence, en tapant des mains et en faisant des jeux de vocalisation.

Piste 1 : Les enfants

En après-midi, Andra a donné une présentation sur la marche sonore et la narration. Vous retrouverez les principaux points de cette présentations dans le texte du 29 octobre 2013 dernier. Après la présentation, Andra a fait une courte marche sonore avec les membres de l’audience, pendant que je préparais la salle pour l’atelier de création. Le groupe était constitué d’environ 15 étudiants en production sonore et cinéma. À leur retour, Andra s’est d’abord attardée à la marche en les questionnant sur leur expérience et en discutant de la technique de la marche sonore.

L’objectif de l’atelier était de composer une courte pièce sonore basée sur les sons du festival. J’ai distribué aux participants des  enregistreurs audio, puis ils sont partis à la collecte de son pendant environ une heure. J’ai moi aussi pris par à la séance d’enregistrement, en me concentrant sur les sons émanant d’un grand édifice situé près du centre du festival.  Les différents sons métalliques émis par les travaux de construction et les nombreuses machines  m’ont particulièrement intrigué; je les ai donc captés à partir de plusieurs perspectives et à des distances variées.

Piste 2 : L’édifice en en construction

Après cette courte session d’enregistrement, les participants ont tour à tour présenté quelques extraits qui avaient capté leur attention. J’ai présenté l’enregistrement ci-dessous, capté à l’intérieur d’un contenant à déchets vide situé tout près de l’édifice en construction.

Piste 3 : Conteneur à déchet, version originale

Puis, nous avons débuté la métamorphose de nos sons à l’aide d’ordinateurs portables et de logiciels de manipulation sonore. Andra nous a fait entendre un extrait sonore dans lequel elle a transformé le cri aigu d’un tramway en une belle harmonie, simplement en modifiant la tonalité du son et en juxtaposant plusieurs copies du même son. J’ai appliqué la même procédure sur mon extrait sonore en tentant de produire un bourdonnement comme point de départ pour ma composition finale

Piste 4 : Conteneur à déchet, modifié

Nous avons travaillé sur nos compositions pendant une heure, pour ensuite les présenter et discuter des différentes procédures employées. Ma pièce est devenue plutôt abstraite. J’ai tenté de mettre l’emphase sur certaines fréquences spécifiques pour chaque son provenant de l’édifice, révélant ainsi « l’essence » de cet environnement sonore .

Piste 5 : Composition finale

Durant les deux jours qui ont suivi, nous avons dirigé trois autres marches sonores sur le site du festival. Les groupes étaient composés d’étudiants, de professeurs, de retraités, ainsi que quelques personnes qui avaient pris part à l’atelier. La plupart provenaient des domaines du son ou du cinéma, ou bien étaient intéressés par l’art sonore. Lors des discussions d’après-marche, presque tous exprimaient une opinion positive par rapport à leur expérience. Alors que plusieurs ont qualifié la marche sonore de relaxante et méditative, d’autres ont malgré tout ressenti un certain stress causé par les bruits de circulation et de construction. Une participante qui habite le centre-ville a affirmé n’avoir jamais entendu sa ville ainsi. Alors que dans le passé elle tentait d’ignorer les sons de la ville pendant qu’elle s’y déplaçait; la marche lui a permis de redécouvrir l’environnement sonore d’un lieu qu’elle croyait connaître depuis des années. Selon moi, cette marche fut pour elle une expérience spirituelle et révélatrice.

Urban Soundwalk

Une autre participante a demandé à Andra pourquoi cette pratique se faisait en marchant, plutôt que d’être stationnaire et directement concentré sur l’expérience d’écoute. Andra a répondu qu’il était tout à fait acceptable d’arrêter à tout instant de la marche pour une écoute plus intensive, mais que la marche sonore est aussi conçue pour découvrir une multiplicité d’environnements sonores et analyser leurs différentes caractéristiques. Par exemple, plusieurs participants ont été fascinés par les contraste sonores entre la place du marché, le chantier de construction ainsi que les atriums et les espaces plus refermés.

Au final, travailler avec Andra McCartney fut une expérience très inspirante, et je suis reconnaissant d’avoir eu l’opportunité de contribuer et participer à ces marches et activités sonores. Ces trois jours ont grandement influencé mon écoute urbaine et ont contribué à ma démarche artistique et académique.

Advertisements

Listening to traffic with guts and antennae

December 1, 2013 1 comment

“Listening to traffic with guts and antennae” is a paper that I presented at the symposium Resonant Bodies: Landscapes of Acoustic Tension, held at the International Cultural Institute in Berlin, Germany in June 2013, and organized by Zeynep Bulut and Brandon LaBelle. It accompanies the piece Spectral Traffic, which can be found on the andrasound channel of youtube.

listeningtotrafficmccartney

“Listening to traffic with guts and antennae” est le titre d’une communication donnée dans le cadre du symposium “Resonant Bodies: Landscape of Acoustic Tension” à l’International Cultural Institute de Berlin en juin 2013. Ce symposium était organisé par Zeynep Bulut et Brandon LaBelle. Cette présentation est accompagnée par la pièce Spectral Traffic, qu’on peut retrouver sur ma châine youTube.

Newfoundland Soundwalk

November 30, 2013 2 comments

Une version française de ce texte se trouve ici

In September 2013, Andra McCartney was invited to be keynote presenter at the Expanding Ecomusicologies symposium at the Centre for Music, Media and Place at Memorial University in St. John’s Newfoundland. She led a soundwalk, consisting of two movements: first, a twenty-minute group walk along the campus’ grass, gravel and marshy paths; and second, a thirty-minute walk where listeners were encouraged to move through a market (and surrounding area) in smaller clusters. Both parts of the soundwalk were followed by a discussion.

As Andra discussed with the group after the second part of the walk, this particular method for soundwalking was developed while preparing for another walk at a market in Hamilton, ON. In the lead-up to the latter, Andra received a letter from one of the market’s vendors addressing how he perceived the practice of soundwalking to be bourgeois, and that the participants would disrupt the regular activities of the market by distracting patrons. Taking the vendor seriously, Andra informed listeners to break into smaller groups once they reached the market. Moving through the Hamilton market in this dispersed way enabled the participants to maintain a certain level of anonymity during the soundwalk, and gave each small group a different experience of soundwalking, which led to animated exchanges about different listening experiences, in the discussion at the end.

During discussions in Newfoundland, many comments centred on the changing group and social dynamics between the two distinct parts of the walk. One participant mentioned that in the larger group he felt that the perceptual field was more limited because the higher density of people seemed to make the space smaller. When the walkers split into smaller groupings, one listener felt overwhelmed by the cacophony of the market and was unable to concentrate in an environment with so many sounds vying for attention.

As is common in post-soundwalk discussions, some participants mentioned the prominent presence and rhythms of footsteps, and how the sounds of footsteps alter depending on the textures of the ground. There was also a lot of laughter and questions coming from the participants. One listener asked whether it might be more suitable to use the term “listening walk,” rather than soundwalk, given that listening is the primary activity of the walk; to what extent we create our own soundscape while soundwalking; and whether intent varies between practitioners. Andra answered that while some scholars and practitioners prefer to use the term “listening walk” (eg. Greg Wagstaff), she prefers soundwalk because the term is more widely known and opens up more possibilities beyond listening, especially in relation to the interaction of the senses and the reality of sound production while walking, with members of the group inevitably producing sound as they walk. Lastly, as Andra points out, intentions vary considerably depending on the practitioner, with some producing sound intentionally in response to the environment.

Towards the end of the discussion, participants mentioned some of the ways that soundwalking functions as a relaxing, almost meditative practice. As Andra points out, social workers and psychologists use walks in therapeutic situations, in part because walking calms people, but also because young people who might be somewhat inhibited in regular therapeutic contexts often open up a little more while walking through familiar neighbourhoods and places. Someone added that this approach is also used with dementia patients as a way to continuously (re)train the senses.

Finally, the post-walk discussion closed out with a question from one of the listeners who asked: “how much of what’s going on in the rest of your life impacts that fifteen minutes of walking and how you listen?” For example, he discusses how he was particularly sensitive to car sounds throughout the walk because he is having car troubles. Andra relates this to what she calls “listening standpoints”—your background (e.g., woman, immigrant, academic), and all of the things that inform experience—and how these various standpoints affect how one listens (even though we might think we are listening with open ears while soundwalking). Andra goes on to suggest that it is good for listeners to be aware of their standpoints and that they can then attempt to try to listen in other ways as well, if possible.

Andra’s last comments revolve around a sonic experience of a visual art object: a sculpture on the campus that has round holes that are just head-size. Another small group of participants saw Andra playing with the sculpture in the distance during the soundwalk and decided to follow suit. Hildegard Westerkamp played with a metal sculpture in the Queen Elizabeth Park soundwalk that she first did in the 1970s. Furthermore, one of the World Soundscape Project’s walks of the Louvre involved going around to different paintings and thinking about them sonically (e.g., looking at a painting and imagining the sound). Imaginative listening is something that happens regularly on soundwalks, on top of or intermixed with the soundscape you are actually hearing while walking and listening.

Some lingering questions that were raised in the listening discussion: how might political listening play into the Newfoundland soundwalk experience? How does privilege operate as a listening standpoint? And, is a quiet soundscape necessarily a privileged environment? What types of situations do you feel comfortable in while remaining silent; where do you feel comfortable soundwalking? How might soundwalking operate in an unstable political setting, as a protest or political gesture?

Marche sonore à Terre-Neuve

November 30, 2013 1 comment

An English version of this entry can be found here

En septembre 2013, Andra McCartney a été invitée comme conférencière d’honneur au symposium Expanding Ecomusicologies au Centre for Music, Media and Place de l’université Memorial à Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador. Elle a dirigé une marche sonore divisée en deux parties; d’abord, le groupe a réalisée une première marche d’environ vingt minutes à travers les sentiers du campus, pour ensuite compléter une seconde marche de trente minutes, cette fois ci en plus petits groupes. Les deux marches furent suivies de discussions de groupe.

Comme l’a expliqué Andra à la suite de la deuxième marche, elle a développée cette procédure alors qu’elle préparait une autre marche sonore dans une marché de Hamilton, ON. Quelques jours avant la tenue de cette marche, Andra a reçu une plainte écrite d’un commerçant du marché qui qualifiait l’activité de bourgeoise et qui s’inquiétait du fait que le groupe pourrait nuire aux activités commerciales du marché. Andra, qui a considéré le sérieux de cette demande, a alors décidé de séparer les participants en petits groupes lorsqu’ils sont arrivés au marché, de façon à conserver un certain anonymat. Cette façon de procéder a permis aux différent groupes de vivres une multiplicité d’expériences d’écoute qui ont enrichit la discussion d’après marche.

Lors des discussions qui ont eu lieu après les marches réalisées à Saint-Jean, plusieurs participants ont noté des différences importantes entre les dynamiques sociales crées par les deux types de marche. Un participant a indiqué que dans le groupe le plus large, il avait trouvé son champs perceptuel plus limité à cause de la plus grande densité de gens qui semblait faire diminuer l’espace. Lorsque les plus petits groupes se sont formés, un autre participant a été bouleversé par la cacophonie du marché et a eu beaucoup de difficulté à se concentrer, son attention se dissipant entre les nombreuses sources de stimulation sonores qui l’entouraient.

Comme c’est souvent le cas lors des discussions d’après-marche, quelques participants ont noté la présence importante du bruit et du rythme des pas, ainsi que leur variation selon la composition du sol. La discussion fut animée et enjouée. Un participant s’est demandé si l’on ne devrait pas plutôt parler de « marche d’écoute » plutôt que de marche sonore, puisque celle-ci met l’emphase spécifiquement sur la démarche d’écoute. Il a aussi questionné Andra sur la capacité des usagers de créer leur propre environnement sonore en marchant, ainsi que sur les approches distinctives de chaque chercheur. Andra lui a répondu que même si certains chercheurs (dont Greg Wagstaff) préfèrent utiliser l’expression « marche d’écoute », elle préfère utiliser marche sonore car ce terme est plus répandu et il ouvre la porte à un plus grand nombre de possibilités d’écoute, spécifiquement en relation avec les autres sens ainsi qu’avec la capacité qu’ont les participants de créer des sons, d’agir sur l’environnement alors qu’ils marchent. Finalement, selon Andra, les approches varient beaucoup d’un chercheur à l’autre, certains produisant activement des sons en réponse à l’environnement sonore qui les entourent.

Vers la fin de la discussion, certains participants ont souligné les liens entre la marche sonore et la pratique de la méditation. En effet, comme Andra l’a indiqué, la marche est employée en travail social ainsi qu’en psychologie puisqu’elle calme les gens, mais aussi parce qu’elle permet de rompre avec le contexte thérapeutique de la rencontre traditionnelle, facilitant ainsi le dialogue et l’échange dans un environnement riche et familier. Un participant a mentionné qu’elle est aussi employée avec des patients atteints de démence, pour leur permettre de recalibrer leur perception sensorielle.

Finalement, la discussion s’est conclue avec une question posée par un participant : « Quel impact le reste de notre quotidien a-t-il sur ces 15 minutes de marche ainsi que sur notre façon d’écouter? » Dans son cas particulier, il avait été plus attentif au son des voitures car il avait lui-même des problèmes avec son auto. Andra a qualifié de phénomène de « perspective d’écoute », soit la façon dont notre historique personnel (par exemple une femme, immigrante, chercheure) influence la façon dont nous écoutons (même si la marche se veut avant tout une pratique d’écoute libre). Elle a aussi souligné qu’il est important de prendre en compte cet historique et son impact pour nous permettre de moduler notre écoute, dans la mesure ou cela est possible.

Le commentaire final d’Andra se rapporte à une expérience sonore issue d’un artefact d’art visuel : une sculpture sur le campus qui comporte des trous de la grandeur d’une tête. Alors qu’Andra expérimentait avec les sons que peut produire cette sculpture, un autre groupe l’a entendue et s’est joint à son expérimentation. En 1970, Hildegard Westerkamp avait aussi « joué » avec les sonorités d’une sculpture dans le Queen Elizabeth Park. Dans le même ordre d’idée le World Soundscape Project avait préparé une marche sonore dirigée dans laquelle les participants exploraient les toiles du Louvres et devaient imaginer quels sons y étaient représentés. L’écoute imaginative se produit souvent durant les marches sonores, et se juxtaposent en quelque sorte au sons physiques qui nous entourent.

Quelques questions sont restées en suspend : Quel est le rôle de l’école politique dans l’expérience de la marche sonore à Terre-Neuve? Comment la notion de « statut privilégié » s’exprime à travers les pratiques d’écoute? Un environnement sonore calme est-il nécessairement privilégié? Quels sont les environnements sonores qui incitent positivement au silence? Quels lieux sont les plus agréables pour compléter une marche sonore? Comment cette pratique pourrait-elle se faire, par exemple, dans un environnement politique instable, ou dans le cadre d’une manifestation ou d’un coup d’éclat politique?

Balade sonore / soundwalk Montreal

Balade sonore / soundwalk Montreal

23-03-13 14:00 – 16:30          March 23

Venez vous joindre au groupe de recherche “La marche sonore comme processus d’interaction” pour une balade sonore qui aura lieu dans le centre ville et le Quartier chinois, suivie d’une rencontre discussion. Nous nous donnons rendez-vous à la sortie de la station de métro St-Laurent, coin sud-est de Maisonneuve et St-Laurent. Beau temps mauvais temps! Gratuit!

Come join the Soundwalking Interactions team for a soundwalk in the downtown and Chinatown districts of Montreal, followed by a group discussion. We will meet at the exit of St-Laurent Metro station, on the South-East corner of Maisonneuve and St-Laurent. Free for everyone, whatever the weather is!

Marche sonore au marché et au centre-ville de Hamilton

March 5, 2013 1 comment

An English version (and YouTube video) of this text can be found here

La marche sonore du marché Hamilton s’est déroulée dans le quartier entourant le marché du centre-ville d’Hamilton ainsi qu’au square Jackson, et s’est terminée dans le marché lui-même. Nous avons formé un seul groupe de 7 ou 8 personnes à travers rues et allées puis nous nous sommes arrêtés pour discuter. Nous avons ensuite formé de plus petits groupes pour traverser le marché, puis nous sommes réunis à nouveau de l’autre côté pour une autre discussion. Ces marches ont e lieu un vendredi après-midi (vers 15h00) et un samedi matin (vers 10h30). La marche du samedi a été enregistrées par Barb Woolner. Les groupes étaient constitués de quelques résidents qui fréquentent souvent le marché (une dame a mentionné qu’elle y venait 4 ou 5 fois par semaine), ainsi que de quelques visiteurs et nouveaux résidents. Les gens qui habitaient le quartier depuis longtemps ont pu discuter avec nous à propos du contexte historique du quartier et comment il a changé au cours des dernières années, alors que le marché a progressivement été recouvert et rénové. L’enregistrement sonore de la marche est envahi par le doux roulement d’un charriot d’emplettes tiré par l’un des participants. Les bruits des voitures qui passent semblent quant à eux s’étirer, à cause de l’eau qui s’accumule dans les rues en cette journée hivernale plutôt chaude.

Deux participants ont vite réalisés qu’ils avaient l’habitude de fredonner en marchant, un réflexe qui est devenu plus apparent dans le contexte de la marche en groupe. Lors de la discussion d’après-marche, plusieurs participants ont notés que leur écoute était plus attentive lors de la marche en groupe (en comparaison avec la marche en paires), mais que ce même groupe créait en eux une étrange sensation de conscience d’eux-mêmes. Si la tentation de parler est moins forte lors de la marche en groupe, au final cette absence de partage et de rétroaction semble moins profitable à la marche.

Quelques comparaisons ont été faites avec d’autres villes. Un participant a noté que les voitures sont plus âgées à Hamilton, ce qui modifie le bruit du trafic. Les gens semblent plus sociaux à Hamilton, leurs voix sont plus fortes qu’en d’autres lieux, comme à Montréal, où on entend moins les discussions et où les gens semblent se rapprocher pour discuter. Un autre participant a remarqué que certaines parties du square Jackson étaient plus intimes, de par la présence de plafonds abaissés qui encourageaient la discussion. Durant la marche du samedi, nous avons aussi remarqué le bruit insistant des semelles d’espadrilles qui grinçaient sur le plancher du centre commercial, provoquant un jeu de mot entre ‘squeakers’ et ‘sneakers’. Un autre participant a mentionné que l’espace autour des kiosques de légumes, qui attirent une grande foule, étaient plus vivant et bruyant. Les participants ont aussi mentionné l’omniprésence du bruit des réfrigérateurs, que la plupart n’avaient jamais remarqué auparavant. La marche du samedi a aussi été agrémentée de la musique d’un joueur de mandoline qui se mélangeait aux sonneries de l’horloge Birks ainsi qu’aux voix des commerçants et des passants.

Plusieurs participants ont constaté que leur sens de l’odorat s’aiguisait lors des marches sonores, ce que devenait encore plus apparent au marché. Vous remarquerez que l’on peut entendre, sur l’enregistrement sonore, de légers fredonnements d’appréciation émis par la personne qui documentait la marche. Lorsque l’on demande aux gens de concentrer leur attention sur un seul sens, cela provoque une hausse globale de la sensibilité des participants. Ceux-ci sont aussi plus alertes aux stimuli visuels ainsi qu’à leurs propres déplacements spatiaux, ce qui est probablement dû à leur vitesse de déplacement plus lente. Un grand nombre de participants ont souligné le plaisir qu’ils ont ressenti à prendre leur temps et à déambuler, pour un moment, sans horaire ou parcours précis. La marche se transforme en un espace et un moment liminaires, une expérience d’appréciation et d’exploration.

Hamilton downtown and market soundwalks

March 5, 2013 1 comment

La version française de ce texte se trouve ici

The Hamilton market soundwalks explored the area surrounding the market in downtown Hamilton, through the city centre and Jackson square and finally through the market itself. We walked as a single group of 7 or 8 people through the streets and malls, and then stopped for a short discussion. We then split up into smaller groups to walk through the market, and then met at the other side for another discussion period. These walks took place on a Friday afternoon (3 pm) and Saturday morning (10:30 am). The Saturday walk was recorded by Barb Woolner. The people on the walk included some long-time residents who go to the market regularly (one woman said that she goes 4 or 5 times a week), as well as some people who were visitors or newcomers to Hamilton. Long-term residents were able to contribute a historical context on the area and how it has changed, as the market has been covered over and then renovated during more recent years. The texture of the recorded soundwalk from Saturday is suffused throughout with the quiet rolling of a shopping buggy pulled by one walker, which can be heard from time to time in the background. As it is a slushy winter day, water on the streets outlines the movements of cars with long sweeping strokes.

Two walkers noted that they habitually hum while walking, and became more aware of this in a group context. Asked about their listening experience in the larger and smaller groups, people noted that they listen more closely in the large group than in pairs but feel more awkward and self-conscious. There is less temptation to speak in that large group context but less immediate discussion and shared knowledge that enrich the walk in other ways.

Some comparisons were made with other cities. One walker noticed that cars are older in Hamilton, changing the traffic sound. People are very social in Hamilton, speaking with louder voices than in a place like Montreal, where people tend to stand closer together and speak in lower voices. One walker noticed that some parts of Jackson Square are more intimate because of lower ceilings, and seem made for conversation. On the Saturday walk, we noticed how squeaky people’s sneakers are on the floors of the mall, prompting us to call them squeakers rather than sneakers. One walker noticed that areas around vegetable stalls are louder and more lively, because more people seem to be attracted to those stalls. Walkers noticed the ubiquitous sound of refrigerators in the space, something that most had not paid attention to in the past. The Saturday walk was enriched by the mandolin player, whose music was heard now and then, mixed with the chiming of the Birks clock that hangs above the stalls, and the voices of customers and vendors.

Many people noticed how active their sense of smell is on such a walk, especially in a market. You may notice in the recording that the recordist sometimes makes hums of appreciation while walking through the space. There is something about asking oneself to pay attention to one sense that makes all of the senses more alert. People notice more visual aspects of the environment because of slowing down as well, and how they move through the space. Several people commented on how pleasurable it is to slow down and pay attention, to realize that they have no schedule during that time. The soundwalk becomes a liminal time and space, a time to appreciate and explore.