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Soundwalk response by Denis Kra

Soundwalk Report:
« A response to the soundwalk through your own idea of how to do that »

Auteur: Denis Kra

COMS876 / COM7161: Media Technology as Practice

Prof: Andra McCartney

Concordia University

February 28, 2012

L’écoute des sons ou la marche pour l’écoute des sons, communément appelée «Soundwalk», est une activité à laquelle mes frères et moi avions été initiés très tôt dans notre enfance par notre papa. Il nous a appris à écouter les sons qui ont une signification, et ce, dans le but de savoir prédire le présent et le futur proche. Ainsi, pour aller cultiver dans notre plantation, faire une course en ville ou faire un voyage, nous écoutions des sons afin de savoir si notre déplacement débouchera sur du bonheur et de la joie ou si au contraire, on sera exposé à des problèmes ou frappé par un malheur.

J’aime particulièrement écoute les sons tôt à l’aube (le matin dans l’intervalle de temps compris entre la nuit et le lever du soleil). Dans cet intervalle, il se produit des sons qui prédisent le futur proche, notamment au sujet des événements qui se passeront dans le courant de la journée: des sons de bons ou de mauvais augures, des sons évocateurs de bonheur ou de malheur que seuls les initiés peuvent décoder et tirer des enseignements. Par exemple, certains bruits humains, particulièrement les pleurs des bébés, les chants d’oiseaux, les cris d’animaux domestiques ou sauvages, le bruit du vent et la direction du vent, le bruit des insectes, etc.

À bien y penser, je m’aperçois qu’on écoutait tout ce qui était naturel et on n’accordait pas d’importe aux bruits émis par les entités non naturelles. C’est à dire par exemple les bruits des voitures, des moteurs ou les bruits de tout autre objet fabriqué par les humains ne nous intéressaient pas pour l’écoute des sons. Étant donné que l’intérêt de notre écoute des sons est porté sur le sens de ces sons, il nous arrive parfois d’entendre un oiseau chanter un chant de bonheur, ce qui nous fait savoir que la journée sera heureuse ou sans problème. Si nous avons une commission à faire dans cette journée, ce seul chant d’oiseau évoquant le bonheur nous prédit que cette commission sera un succès. Cela nous procure une grande joie pour amorcer la journée, pour aller au champ ou  pour effectuer toute activité que nous avons projetée dans cette journée. Mais parfois c’est le contraire qui arrive, nous entendons les sons qui prédisent le malheur, et ces jours-là nous ajournons ce que nous avions prévu faire, et nous restons à la maison tout en observant la prudence pour ne pas être victimes de malheur.

Ce qui est quelquefois marrant, c’est que, même si nous savons qu’il y aura bonheur ou malheur, ce bonheur ou ce malheur ne se porte pas toujours sur ce que nous croyons. Il se porte parfois sur des situations auxquelles nous n’avons pas du tout pensé. En plus, nous ne pouvons pas savoir de quelle nature sera ce bonheur ou ce malheur, ni d’où il proviendra. C’est une science traditionnelle assez intéressante, mais qui reste encore inexacte.

J’aime particulièrement écouter les sons à des périodes des pointes comme l’aube, le midi, le crépuscule et minuit. C’est des périodes chargées de beaucoup d’informations cosmiques véhiculées par les créatures naturelles de l’univers. Mes lieux préférés pour faire ses écoutes de sons sont:

– Pour l’aube, à la véranda de la maison familiale au village pendant que tout le monde dort encore, à la fenêtre dans une maison silencieuse en ville avec mon regard tourné au dehors et perdu dans le firmament.

-Pour le midi, lorsque je suis en ville, assis par exemple dans une cafétéria, dans une gare, dans un parc, etc., j écoute les bruits naturels tout en faisant abstraction des bruits artificiels. Quelquefois si possible, je m’isole en pleine forêt ou dans le bois où il y a peu de bruits artificiels. Dans ce lieu, on a l’occasion d’écouter le bruit du silence, des oiseaux, des insectes, en somme, le bruit de la manifestation de la terre. Et quelquefois dans ces lieux, en pleine inspiration d’écoute, on peut entendre des voix venues de nulle part, des paroles brèves aussitôt entendues, aussitôt rompues. J’ai été moi-même témoin de beaucoup de choses étranges lors de mes écoutes de sons en pleine forêt pendant les périodes de midi.

– Pour le crépuscule, je préfère être également en pleine forêt. C’est une période de transition où les êtres en éveille durant le jour rentrent pour dormir et les êtres de la nuit se réveillent pour vaquer à leurs activités. Par exemple, il a des insectes, des oiseaux ou des animaux nocturnes qui s’éveillent alors d’autres des mêmes espèces rentrent pour dormir. Dans cette transition, l’écoute devient passionnante, car les bruits qu’on écoute à ce moment sont de véritables messages pour ceux qui savent lire et décoder les bruits et les signes. Les personnes de culture traditionnelle, qui ont une vie typiquement en relation avec la terre ou la campagne, peuvent vous en dire davantage.

– Pour les périodes de minuit je m’exerce à l’écoute du son lorsque je suis au campement. Mais en ville, cela ne m’est possible actuellement que quand je me retrouve tout seul, ou quand par chance tout le monde chez moi dort avant minuit et qu’il n’y a plus de bruits artificiels. Ce qui est très rare à la maison.

Récemment dans le cours COMS876, nous avions fait une marche d’écoute de sons «Soundwalk». Le procédé et motif sont différents de ce que je suis habitué à faire tout seul dans ma campagne. Cette marche a consisté à longer une partie du chemin de fer qui traverse le quartier, à sillonner quelques rues du quartier, puis à retourner sur le campus de l’Université Concordia, tout en rentrant dans quelques bâtisses de l’Université avant de retourner en classe. Chaque participant de la marche a fait le compte-rendu de ce qu’il ou elle a écouté. Moi, j’ai particulièrement entendu le bruit de moteur des voitures, de chauffage, des oiseaux, des humains, ainsi que le bruit du vent et de la neige qui tombait sur mon habit. Cette marche a été audio enregistrée par David Paquette et immortalisée avec les photos prises par Magda. Cette marche m’a paru assez originale et excitante d’autant plus que c’était pour moi la première fois que je faisais du «Soundwalk» en ville en groupe et en compagnie des amis de classe. À la fin de cette randonnée, j’ai pensé à l’utilité et à la signification des sons que nous avons chacun écoutés, mais ce n’était pas l’objet de ce cours.

Le «Soundwalk» pourrait également se faire sans rendez-vous. On pourrait pour ce faire, disposer en permanence sur soi d’un appareil d’enregistrement, et enregistrer les sons partout où on se trouverait: au travail, en chemin sur les routes, dans les centres d’achat, au restaurant, à la maison, etc. L’écoute de ces sons enregistrés peut procurer du plaisir à bien des personnes notamment les voyageurs, les touristes qui ont enregistré ces sons pendant leur séjour à l’étranger ou à une période leur vie, etc. Ces sons peuvent aussi servir de mémoire du temps ou d’une époque et les réécouter plusieurs années plus tard peut réveiller les souvenirs de ces époques. Exemple pour une personne âgée, réécouter les sons qu’elle a enregistrés dans sa jeunesse il y a 40 ans, lui procurera un très grand plaisir, car ces sons constituent pour elle des souvenirs de sa jeunesse et lui font revivre mentalement ces périodes.

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